14 juin 2007

Tram de minuit

Il était à peine minuit passée est c'était déjà le dernier tram de la ville qui passait, c'est sans doute pour cette raison qu'il transportait autant de monde, les retardataires du lundi soir. Une bande de jeune chantaient inlassablement sur un air de guitare une chanson improvisée qui ne manquaient pas de banalités, le seule refrain en était "moi je connais une chanson qui énerve les gens, qui énerve les gens" paradoxalement elle nous énervait pas, elle arrivait à décrisper le visage de ces autochtones connu pour leur caractère glaciale, faut dire que le voisin allemand n'est pas si loin que ça, il fallait sans doute que ces citadins héritent d'un petit quelque chose du fameux "hermétisme" du voisin germain.

Devant moi, un jeune africain vient de céder généreusement sa place à un homme d'un certain âge, c'est à se demander ce que ce monsieur au cheveux bien gris fait encore dans les rues de la ville à cet heure? Et puis pourquoi pas, il y'avait aussi un enfant de bas âge dans ce même tram de minuit, pourquoi devrais je rester enfermer dans le bon vieux "on se couche tôt quand on est aux limites de l'âge"? Ça me rappelle qu'il est bientôt 1h du matin et je dois être à 7h30 au bloc pour sonder. Pour dormir tôt c'est bien raté. Après quelques minutes je me rends compte que le bonhomme mur d'en face me rappelle quelqu'un, un des patient du secteur, peut être même que je l'ai vu passer sur le billard, ils ont l'air tellement commun les patients du service que j'en vois partout même dans les transports en commun, si ça ne veut pas dire que je passe trop de temps à l'hosto ça !!! Ah l'hosto, un imposant bâtiment aux coins bien carrés, j'ai toujours dit qu'il ressemblait à une gigantesque biscotte posée au sommet de la colline de la ville. En tout les cas, on a pas intérêt à être dans le 10éme étage et espérer trouver un ascenseur qui veuillent bien remonter jusqu'à ce niveau.

Ca me rappelle le niveau -1 ou j'ai du me rendre pour faire la radio du poumon et donc me déshabiller à moitié et être appelée par le technicien, assez désagréable comme histoire. Et dire que les patients doivent subir cela. Se retrouver dans le rôle du patient quand on est praticien est une expérience assez déroutante je l'avoue. Encore plus quand j'ai du voir le pneumologue pour une histoire d'IDR positive, je vois encore la tête de l'infirmière de la médecine de travail découvrant mon érythème de 2 cm, même avec une radio normale et aucun signe clinique on pense tuberculose quand même, on dira que c'est mon héritage du sud, venant d'un pays ou la tuberculose est endémique, je ne pouvais que "positiver" mon IDR. Voilà un examen bien "bateau" ou les résultats veulent dire bien des choses sans jamais pouvoir infirmer ou affirmer quoi que ce soit. Toujours est-il que je me retrouve avec un RDV au centre de lutte antituberculeuse, un nom bien repoussant, la perspective d'avoir en moi ce mal m'énerve, moi qui connais tout ou presque sur cette pathologie. Le pneumologue avait fini par me proposer l'Elyspot, encore un de ces trucs expérimentaux passé en clinique, un truc ou il est encore question d'études, qui d'ailleurs ne convergent pas tous vers same résultats. Ca en fait des stroy pour le niveau -1, tout peint en jaune, il ressemble à un bunker, en somme, niveau déconseillé pour la claustrophobe que je suis.

Le tram fini par se vider de ses passagers, tant mieux, sinon je finissais par voir un patient en chacun d'eux. Je descends au terminus. Terminus pour les lecteurs aussi.

Posté par xena guerriere à 14:19 - Commentaires [0] - Permalien [#]


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